L’histoire de la rue Hélary et des caves de Robien.

  • L’histoire de la rue Hélary et des caves de Robien. 0
  • Vue aérienne de "La cité des cheminots" avec la rue Louis Hélary
    Vue aérienne de "La cité des cheminots" avec la rue Louis Hélary
  • Intersection de la rue Louis Hélary et de la rue Anne de Bretagne.
    Intersection de la rue Louis Hélary et de la rue Anne de Bretagne.
  • Rue Louis Hélary
    Rue Louis Hélary
  • Suivant
  • Precedent
  • Vignette 0
  • Vignette captured’écran2020-03-20à08.51.06copie
  • Vignette p1330883
  • Vignette p1330889

Cette histoire de la rue Hélary va nous amener à découvrir des aspects du patrimoine géologique, industriel et religieux du quartier de Robien et de St Brieuc.

Les origines de la rue Hélary


Dans ce secteur Est de Robien, n’existaient quasiment ni constructions ni route jusqu’au début du XXe siècle.

En 1931 débuta la construction d’un lotissement de logements économiques pour les cheminots du quartier de Robien. On appela communément ce lotissement « La Cité des Cheminots". Dans ce projet, une rue de 90 mètres de long, fut ouverte entre la rue Anne de Bretagne et le boulevard Paul Doumer, sur le tracé de l’ancienne voie privée Louis Blaize.

La première idée du Conseil municipal, votée le 22 juillet 1932, fut de choisir le nom de « rue des Caves ».

Les habitants manifestèrent leur désapprobation en faisant savoir qu’ils n’habitaient pas dans des caves !


En 1935, le Conseil municipal trouva en remplacement le nom d'un ancien maire de St Brieuc, Louis Hélary.

Les caves de Robien


Mais revenons à nos caves, et de quoi parle-t-on au juste dans le quartier à cette époque quand on évoque « des caves » ?

Rien à voir en fait avec le sens commun donné à la cave d’une maison.

Une explication est donnée par l’abbé Le Roux, au détour d’un article dans le bulletin paroissial de Ste Anne de Robien, « La Famille Catholique » du 8 février 1914.

L’abbé, passionné d’histoire, commence ainsi son article : « Qui n’a pas entendu parler des caves de Robien ? Elles n’avaient pas bonne réputation, nos Caves. L’histoire, ou la légende, racontait des faits capables de terroriser les honnêtes gens. A certains jours, et passé une certaine heure, par exemple au brun de la nuit, il n’eût pas fallu s’aventurer dans ces parages ; on y eût fait des rencontres très désagréables. Qu’y a-t-il de fondé dans ces racontars ? Je ne saurais le dire. Mais aujourd’hui, à mesure que les maisons se construisent, et surtout depuis que Sainte Anne a pris possession de ce domaine, et que le Saint Sacrifice y est offert tous les jours, le mal recule. Et si le vice a été autrefois le roi de ces lieux, il en est banni actuellement et il a dû chercher asile ailleurs ».


L’histoire commence donc dans une ambiance inquiétante, avec une petite pointe du curé de Robien rappelant que s’en remettre à Ste Anne est le meilleur moyen de résoudre bien des problèmes. L’origine de ces caves va être révélée dans les lignes qui suivent.

Les anciennes carrières de Robien


« Mais bien avant ces jours de triste réputation, plus ou moins méritée, les Caves eurent aussi leurs jours de gloire. Au XIIIe siècle, lorsque St Guillaume, évêque de St Brieuc, eut décidé de reconstruire la Cathédrale, vous eussiez vu, à l’endroit où se trouvent les Caves aujourd’hui, de nombreuses équipes d’ouvriers. C’était la corporation des carriers et celle des tailleurs de pierre, qui éventraient la petite colline et préparaient les matériaux pour bâtir la maison du Seigneur. Tous ces ouvriers travaillaient avec ardeur, en priant et en chantant. C’étaient les âges de foi. On besognait dur ; on vivait heureux sur terre, et on était sûr de gagner le paradis que des criminels insensés, parés de noms pompeux de philosophes ou de savants, n’avaient pas encore fermé à l’homme qui peine du matin au soir. Ce sont ces ouvriers qui ont légué au monde les admirables chefs d’œuvre du Moyen-âge. …

Vous n’aviez pas songé, en faisant une promenade d’agrément dans les Caves, que des milliers d’ouvriers ont travaillé là ? Ces caves sont pourtant d’anciennes carrières de granit, qui furent exploitées longtemps et d’où sortirent en particulier les pierres sculptées et taillées de la cathédrale de Saint Brieuc ».



Ainsi se termine le volet de cette histoire qui montre l’apport non négligeable du quartier de Robien, et des ouvriers des carrières, dans l’édification de cette belle cathédrale de St Brieuc.


Des caves aux questions d’environnement.

Ce que l’article de 1914 ne dit pas c’est que ces cavités ont été remblayées, dans les années 20, par le mâchefer qui est une sorte de résidu solide venant des industries sidérurgiques. Dans le cas présent l’usine c’était celle toute proche des Forges et Laminoirs. Les maisons de la fin du boulevard Doumer (lui même remblayé avec le mâchefer) étaient d’ailleurs habitées par des ouvriers de cette usine.

Le saviez-vous ?

Le nom de la rue Louis Hélary fut trouvé en remplacement en 1935 pour honorer ce natif de Guingamp (1832-1910), ingénieur des Arts et Métiers, agent-voyer en chef du département, c’est à dire responsable de la construction et de l’entretien des chemins qui reliaient les villages. Il fut ensuite maire de Saint-Brieuc de 1898 à 1904.


Le saviez-vous?



Le recensement de 1936 nous apprend que les premiers habitants n’étaient pas nombreux dans la rue Louis Hélary, il n’y avait que six familles :

François Le Charpentier, chauffeur, Marie son épouse et leurs deux fils

Jean Turmel, employé des chemins de fer, Thérèse son épouse et leurs trois fils.

Emile Marcaletti, Italien, mécanicien, Virginia son épouse et leur fille

Jean Monjarret, chef de bureau, Jeanne son épouse et leur fille

Marie Philippe et sa fille

François Cren, employé des chemins de fer, Marie son épouse, leur trois fils et leur fille

Sources


Archives départementales. AP 647. Bulletin paroissial de la paroisse Ste Anne de Robien, « La famille catholique » du 8 février 1914

Les rues de Saint-Brieuc, leur histoire, leurs curiosités ». 1947, J. B. Illio.

Site de généalogie, Généanet, Louis Marie Hélary, 1832-1910

Recensement de St Brieuc 1936, vue 274


Site du CAR, rubrique histoire, La Cité des Cheminots", un lieu original à Robien. voir l'article



Dans les "curiosités" de la rue Louis Hélary, remarquez la maison d'architecte, repérable par son bardage bois. Toutes les précisions dans le site du CAR, rubrique histoire, Les maisons d'architecte, maison éco-responsable voir l'article

Recherches Richard Fortat. Publication Juin 2020. Transmettez vos remarques et compléments d'information à l'aide du formulaire de contact, merci d'avance.