Rue Abbé Garnier, l'octroi, la briqueterie, la clinique. Partie 2

  • Rue Abbé Garnier, l''octroi, la briqueterie, la clinique. Partie 2 0
  • Une brique marquée "Le Dû Saint Brieuc", maison du 10 rue Jean Jaurès
    Une brique marquée "Le Dû Saint Brieuc", maison du 10 rue Jean Jaurès
  • Une brique marquée "Le Dû Saint Brieuc", maison du 26 rue Jean Jaurès
    Une brique marquée "Le Dû Saint Brieuc", maison du 26 rue Jean Jaurès
  • 1863 plan de construction de la maison d''octroi. Archives municipales
    1863 plan de construction de la maison d'octroi. Archives municipales
  • 1924. Mort de M Le Dû, journal La Croix des Côtes-du-Nord
    1924. Mort de M Le Dû, journal La Croix des Côtes-du-Nord
  • Brique Letort, fabriquée à St Meen, Henri Letort est le successeur de M. Le Dû à St Brieuc
    Brique Letort, fabriquée à St Meen, Henri Letort est le successeur de M. Le Dû à St Brieuc
  • Plan du quartier avec la rue Abbé Garnier
    Plan du quartier avec la rue Abbé Garnier
  • La résidence du Parc, rue Abbé Garnier.
    La résidence du Parc, rue Abbé Garnier.
  • La résidence des eaux Minérales, en retrait de la rue Abbé Garnier.
    La résidence des eaux Minérales, en retrait de la rue Abbé Garnier.
  • La résidence des Eaux minérales St Brieuc
    La résidence des Eaux minérales St Brieuc
  • La résidence des eaux Minérales, et au-dessus, la résidence du Parc de la rue Abbé Garnier.
    La résidence des eaux Minérales, et au-dessus, la résidence du Parc de la rue Abbé Garnier.
  • PHOTO RARE ! La clinique St François, docteur Henri Garnier à l''époque où elle est reconvertie pour La Coopérative HLM des Côtes-du-Nord. Photo de la collection d''André Bougeard
    PHOTO RARE ! La clinique St François, docteur Henri Garnier à l'époque où elle est reconvertie pour La Coopérative HLM des Côtes-du-Nord. Photo de la collection d'André Bougeard
  • A gauche, la maison de l''octroi et à côté le Bar de la Croix Verte. Agrandissement d''une photo de la collection d''André Bougeard.
    A gauche, la maison de l'octroi et à côté le Bar de la Croix Verte. Agrandissement d'une photo de la collection d'André Bougeard.
  • Au premier plan, les toitures et cheminées de la briqueterie Le Dû. Au dessus on voit l''Institut des sourds. Agrandissement d''une carte postale.
    Au premier plan, les toitures et cheminées de la briqueterie Le Dû. Au dessus on voit l'Institut des sourds. Agrandissement d'une carte postale.
  • Sur la photo à gauche, la toiture d''un ancien bâtiment de la briqueterie Le Dû. La Résidence du Parc est tout juste achevée. Agrandissement d''une photo des archives municipales.
    Sur la photo à gauche, la toiture d'un ancien bâtiment de la briqueterie Le Dû. La Résidence du Parc est tout juste achevée. Agrandissement d'une photo des archives municipales.
  • La coopérative d''habitat située à la place de l''ancienne clinique St François, rue Abbé Garnier
    La coopérative d'habitat située à la place de l'ancienne clinique St François, rue Abbé Garnier
  • Briqueterie, photo aérienne fin des années 40 environ. Fonds Henrard archives départementales.
    Briqueterie, photo aérienne fin des années 40 environ. Fonds Henrard archives départementales.
  • Brique Le Dû, 19 rue de Robien
    Brique Le Dû, 19 rue de Robien
  • Brique Le Dû, 19 rue de Robien
    Brique Le Dû, 19 rue de Robien
  • Brique Le Dû, 34 boulevard Carnot
    Brique Le Dû, 34 boulevard Carnot
  • La maison de l''octroi, juste après le Pont des Sourds
    La maison de l'octroi, juste après le Pont des Sourds
  • Article sur la maison de l''octroi rue Abbé Garnier. Article Ouest-France
    Article sur la maison de l'octroi rue Abbé Garnier. Article Ouest-France
  • Photo archives municipales.
    Photo archives municipales.
  • Rue Abbé Garnier, fin des années 70 et avant 82 (on voit la clinique)
    Rue Abbé Garnier, fin des années 70 et avant 82 (on voit la clinique)
  • Rue Abbé Garnier, après 1945
    Rue Abbé Garnier, après 1945
  • Jean-Pierre Ecobichon devant un chantier de la ville (briques Le Dû)
    Jean-Pierre Ecobichon devant un chantier de la ville (briques Le Dû)
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Une rue qui a beaucoup changé en un siècle

L’octroi, la forge, le bar de la Croix Verte, la briqueterie, l’ancienne clinique St François...

Nous avons déjà parlé de l’Institut des sourds et de l’origine du nom de la rue Abbé Garnier, voyons maintenant de nouveaux aspects présents ou disparus au fil du temps… Partons du Pont des Sourds et remontons vers la Croix Perron.

LA MAISON DE L’OCTROI

Au 1 rue Abbé Garnier, juste à côté du Pont des sourds, se trouve une maison historique. C’est ici que l’on trouvait le pavillon de l’octroi.

Au XIXe siècle, les marchands qui entraient dans une ville devaient payer une taxe que l’on appelait « l’octroi ». Cette maison date donc du XIXe siècle, un plan de 1863 indique l'emplacement de l'octroi.
En 1901 dans le recensement de la population, on trouve le nom du recenseur de l’octroi, il s'agit de Lucien de Robichon.

L'octroi de la rue Abbé Garnier a été en service jusque dans les années 1950. Historiquement à St Brieuc il existait six octrois qui correspondaient aux principales entrées de la ville. Des sources mentionnent que les bourgeois de St Brieuc s’étaient adressés au roi pour mettre en place cette taxe qui fut acceptée en 1617 par Louis XIII.

LA FORGE et LE CAFÉ DE LA CROIX VERTE

LA FORGE
Juste avant le pont des sourds, il y avait la forge de Fine Calennec, le maréchal-ferrant dans les années 1930.

A côté de cette forge se trouvait le Bar de la Croix Verte.

LE CAFÉ " A LA CROIX VERTE"

Le café "A la Croix Verte", au 3 rue Abbé Garnier, est un bar très ancien du quartier. On peut le reconnaitre sur un détail d'une carte postale du début des années 1900.

En 1901, dans le recensement de la population on apprend que les propriétaires de ce débit de boissons sont Jean et Louise Durand.
Plus tard, dans les années 1930, le Café "A la Croix Verte" était tenu par Mme Calannec dont le mari était maréchal-ferrant. Plus récemment, c'est Maryvonne Noël qui en était la propriétaire à partir de 1970. Tout le monde se connaissait dans ce bar et avait un surnom. « Mary Picsou » était celui de la patronne. Dans un article de Ouest-France du 8 janvier 1998, le journaliste donne la parole aux clients du bar : « On appelle la patronne comme ça, car bien que l’on soit des amis, elle nous pique nos sous. Heureusement, elle pique aussi ceux des impôts. Les employés sont clients. Maryvonne se souvient des grèves de 1989 : « Les revendications se sont négociées chez moi ».

Une partie de cet ancien bar est devenue la boutique des fleuristes Bouhezza qui existait encore dans les années 90.
Jusque dans les années 2000, le bar était le siège de l'Amicale des Médaillés Militaires de Saint-Brieuc.

Aujourd'hui cet établissement une maison abandonnée juste à côté du restaurant italien Stella Maris, ouvert en 2003.

LA BRIQUETERIE LE DU

La briqueterie Le Dû occupait un vaste espace dans ce qui est de nos jours la rue Abbé Garnier.

Elle fournissait les nombreux chantiers de St Brieuc et de ses environs (maisons, viaducs d'Harel de la Noë etc.). Dans le quartier, on voit encore de nos jours des briques marquées "Le Dû" dans la rue de Robien.
Au numéro 7, après le Pont des sourds, habitaient François Le Dû, fabriquant de briques et de tuiles, Angélique, son épouse, leurs 4 filles et une domestique (recensement de 1901).

En 1906, on note que neuf employés de chez Le Dû habitaient dans le quartier de Robien, à proximité de la briqueterie. On trouvait des manœuvres, un journalier, des briquetiers, un chauffeur.
M Le Dû meurt le 23 novembre 1924 et c'est sa fille Élisabeth (née en 1895) qui reprend l'affaire et devient la patronne. Dans le recensement de 1936 elle est mentionnée comme "fabricante de briques".

Mais après des heures de gloire au début du XXe siècle, la briqueterie ferme pendant la seconde Guerre mondiale et a du mal à redémarrer ensuite. La fermeture intervient en 1947. La production locale de briques se poursuit car la briqueterie Le Dû était associée à la briqueterie de St Ilan.
C'est M. Henri Le Tort qui a racheté la briqueterie à Élisabeth Le Dû. Monsieur Le Tort venait de St Meen où il possédait une briqueterie connue, sous le nom de "briqueterie Rivière-Letort". M Joseph Rivière est le gendre de M Le Tort. C'est ce dernier qui héritera de la briqueterie au décès de M Letort.

Certains bâtiments de la briqueterie ont été conservés jusque dans les années 70 où les entreprises et les particuliers venaient chercher des matériaux pour le bâtiment chez « Rivière et Le Tort ».

Une actualité récente a fait reparler de la briqueterie Le Dû quand la Ville de St Brieuc a lancé en 2019-2020 les chantiers de rénovation des ponts et viaducs d’Harel de la Noë, boulevard de la Chalotais et Waldeck-Rousseau. Sur le chantier, on voit bien des briques de deux couleurs, sable et rouge, elles étaient fabriquées à la briqueterie Le Dû, à Robien, rue Abbé-Garnier et à Saint-Ilan, à Langueux.
Le savez-vous?
En 1920, monsieur Le Dû, conseiller municipal, patron de la briqueterie et habitant du quartier, demanda que soit donné le nom d'Abbé Garnier à ce qui n'était alors que "Le chemin de la Ville-Hesry". Son collègue Monsieur Gays, anti-clérical, demanda le nom d'Alsace-Lorraine. Le Dû l'emporta et hommage fut rendu à l'Abbé Garnier, créateur de l'Institut des sourds en 1855, situé à deux pas du pont actuel, appelé "le pont des sourds".

LA RÉSIDENCE DU PARC

En janvier 1979, on construit la résidence du Parc au numéro 17 en partie sur le terrain de la briqueterie.
L'architecture est contemporaine et se compose d'un seul bâtiment de forme cubique de 6 étages, avec des terrasses pour le dernier étage. Beaucoup d'appartements bénéficient d'une agréable vue sur la Vallée de Gouédic.
Le 17 B est un immeuble qui est à flanc de coteau et permet de descendre par un ascenseur jusqu'au Chemin des Eaux minérales. Elle a d'ailleurs pris le nom de "Résidence des Eaux minérales" et se situe dans le quartier de Robien, sur la rive gauche du Gouet.

LA CLINIQUE SAINT FRANÇOIS

Un peu plus loin dans la rue se trouvait la clinique St François, fondée par le docteur Henri Garnier (1910-2000). Henri Garnier était médecin généraliste à Rostrenen.

Au début des années 40, il s’associe avec Robert Laisné, un biologiste dans un laboratoire de la rue St Guillaume et tous deux décident de monter une clinique rue Abbé Garnier qui ouvre en 1946.

C'est la première maternité de Saint-Brieuc.

Henri Garnier était très connu à St Brieuc, il a exercé aussi la fonction de conseiller municipal et sera décoré chevalier de la Légion d’Honneur.

La clinique a toujours bénéficié d'une excellente réputation à St Brieuc.





Le service des tutelles et Armor Habitat s’installent donc au départ dans les locaux de l’ancienne clinique St François en 1974. C’est Armor Habitat qui mène le projet.

Ce samedi du mois de juillet 1982, personne n'est dans les locaux. C'est le début de l'été, le directeur est parti en indiquant à M Béchet son directeur-adjoint : "Il ne faut pas me déranger, sauf s'il y a le feu ! ". 

Le directeur-adjoint pense qu'il n'aura pas à annoncer une telle nouvelle, c'est sans compter sur le destin. Alors qu'il est au cinéma, on vient le chercher d'urgence, un incendie s'est déclaré. Heureusement personne ne se trouve dans les locaux. Les causes ne sont pas évidentes : est-ce un court-circuit ? C'est ce que l'on supposera...

Le bilan n'est que matériel, Il n'y pas de victime. Le dernier étage qui était habité est ravagé et rien ne pourra en être sauvé, tous les biens et souvenirs sont partis en fumée.

Après l'incendie tout a été démoli puis reconstruit. La coopérative d’habitat Coopalis occupe aujourd’hui cet emplacement.

Le saviez-vous ?
La congrégation des religieuses des Saint-Coeurs de Jésus et Marie (créée en 1821 à Saint-Quay-Portrieux) a apporté ses services à la clinique Saint-François, fondée par le Dr Henri Garnier.

Le saviez-vous ?

L'association l'Igloo naît en 1970. Elle est présidée par le Dr Henri Garnier jusqu'en 1982. La soeur Denise Guyomard en a été la directrice pendant longtemps et Jean Viguier (un habitant de Robien) en était alors l'administrateur.

Sources

Sur l’octroi : Le patrimoine des communes des Côtes-d’Armor, éditions Flohic.

Archives municipales

Archives départementales en ligne. Recensement de la population 1901, 1906, 1911

Presse locale, Ouest-France et Le Télégramme

Merci à André Bougeard, habitant du quartier pour ses cartes postales et photographies.

Entretien avec M Jean Viguier, ancien habitant du quartier Robien, qui a précisé plusieurs points d'histoire sur la clinique Garnier et la briqueterie Le Dû. Avril 2020


Recherches et rédaction Richard Fortat. Mars et Avril 2020. Transmettez vos remarques et compléments d'information à l'aide du formulaire de contact, merci d'avance.