Habiter à Robien 1. Les maisons du « vieux Robien »

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  • Ancienne ferme rue Jules Ferry
    Ancienne ferme rue Jules Ferry
  • Anneau d''attache de cheval (en bas de l''image) 24 rue de Robien
    Anneau d'attache de cheval (en bas de l'image) 24 rue de Robien
  • L''immeuble du 50 rue Jean Jaurès qui a remplacé le manoir de Robien au début des années 50
    L'immeuble du 50 rue Jean Jaurès qui a remplacé le manoir de Robien au début des années 50
  • article Ouest-France avril 2020
    article Ouest-France avril 2020
  • Plan de Robien 1892
    Plan de Robien 1892
  • En retrait du Boulevard Hoche, une maison qui possède les caractéristiques des "anciennes maisons" de Robien. Années 20 ou avant?
    En retrait du Boulevard Hoche, une maison qui possède les caractéristiques des "anciennes maisons" de Robien. Années 20 ou avant?
  • Ancien bâtiment de la ferme du Manoir de Robien
    Ancien bâtiment de la ferme du Manoir de Robien
  • Porte de l''ancien bâtiment de la ferme du Manoir de Robien
    Porte de l'ancien bâtiment de la ferme du Manoir de Robien
  • Impasse du Pré-Tizon, deux maisons basses
    Impasse du Pré-Tizon, deux maisons basses
  • Impasse du Pré-Tizon, porte ancienne
    Impasse du Pré-Tizon, porte ancienne
  • Anneaux pour accrocher les chevaux. Rue Jules Ferry
    Anneaux pour accrocher les chevaux. Rue Jules Ferry
  • Le manoir de Robien
    Le manoir de Robien
  • Cellier en face de la maison. Impasse du Pré-Tizon
    Cellier en face de la maison. Impasse du Pré-Tizon
  • Anneau d''attache de cheval 24 rue de Robien
    Anneau d'attache de cheval 24 rue de Robien
  • Anneaux d''attache de cheval 26 rue de Trégueux
    Anneaux d'attache de cheval 26 rue de Trégueux
  • Anneau pour les chevaux, 116 rue Jules Ferry
    Anneau pour les chevaux, 116 rue Jules Ferry
  • Arrière d''une ancienne ferme angle de la rue Jules Ferry et de la rue Guébriant
    Arrière d'une ancienne ferme angle de la rue Jules Ferry et de la rue Guébriant
  • 116-118 rue Jules Ferry
    116-118 rue Jules Ferry
  • 116-118 rue Jules Ferry
    116-118 rue Jules Ferry
  • 116-118 rue Jules Ferry
    116-118 rue Jules Ferry
  • Anneaux pour accrocher les chevaux. 65 Rue Luzel
    Anneaux pour accrocher les chevaux. 65 Rue Luzel
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Grande enquête participative : « Racontez-nous votre maison » 

1. Les maisons du « vieux Robien »

Le quartier de Robien fut longtemps isolé du reste de la ville et sa population ne dépassait pas quelques centaines d'habitants. De vastes zones bâties de nos jours étaient alors constituées de prés, de champs cultivés, de friches...

Il faut attendre l'installation, en 1855, de l'établissement des Sourds et muets et l'arrivée du chemin de fer, en 1863, pour que Robien se développe progressivement. Mais on constate que malgré la construction de la ligne de chemin de fer, la progression demeure très lente sous le Second Empire. En 1881, Robien ne compte que 42 maisons, 80 ménages et 289 habitants.

Mais en 1896, dans le recensement du secteur de Robien, qui comprend le Pré Chesnay, la Croix Perron, le Tambou Major (bout de la rue Jules Ferry actuelle), Robien, le Clos de Robien (manoir), on trouve différentes professions qui montrent bien l’aspect rural du quartier : quatre laboureurs, un bucheron, deux forgerons, deux cultivateurs, un charron, un charretier.

La population de Robien avoisine les 500 habitants à la fin du XIXe siècle.
Quelles sont les traces du Robien d’avant le développement apporté par le chemin de fer?

Que reste-t-il des fermes, des manoirs ou des maisons le long des chemins de l’époque?

La question que l'on peut aussi se poser, en l'absence de documents, est : comment  reconnaitre ces vieilles maisons?

La réponse est simple, les plus anciennes maisons de Robien qui subsistent sont des maisons comme on en trouvait en campagne :
-des maisons en pierre petites ou moyennes et jointées.
-des maisons très modestes, sans décorations superflues
-des maisons sans étage
-des maisons qui n'ont pas été construites dans le cadre de lotissements, ce qui représente la majorité des cas à Robien. Ce qui veut dire pas de maisons art-déco, pas de style néo-breton...


LE PRÉ-TIZON
Ainsi, dans l’impasse du Pré-Tizon, nous avons certainement à faire à de très anciennes maisons car le lieu est répertorié dans des actes notariés de 1791. Ces petites maisons, que l'on peut voir encore aujourd'hui, ne possèdent ni étage ni cave. Un petit cellier indépendant permettait d'y conserver la nourriture.

LA FERME DE JULIEN FEURGARD RUE JULES FERRY

L’exemple de la maison du 7 Rue Jules Ferry est aussi intéressant. Le propriétaire actuel, Yannick Gicquel, passionné d’histoire s’est documenté et nous raconte : « Cette ancienne ferme a été la première construction du quartier de Robien (1864). Elle a été en exploitation jusqu’en 1955. Elle était, à l’origine, la propriété de Julien Feurgard, né à Saint-Brieuc en 1844, cultivateur et chef de famille. Son épouse est Françoise, née Hamon en 1851 à Plérin. Deux de leurs fils travaillent sur l'exploitation, il s'agit de Louis, né en 1886 et de Jules, né en 1892. Francis, leur fils aîné a choisi la marine marchande, il est officier.

Louis Feurgard et son épouse Eugénie exploitent cette ferme dans les années 30 (recensement de 1936).

Les dépendances de la ferme ont servi pendant la seconde guerre mondiale à l’accueil de réfugiés venus du nord de la France et qui fuyaient l’avancée Allemande. J’ai rencontré, en 2007, sa petite fille (Mme Hass) qui souhaitait revoir la maison de son enfance. Pour la petite histoire, c’est elle qui enfant apportait chaque soir le repas de l’ouvrier agricole qui logeait lui aussi dans les dépendances (c’était avant guerre). Cette bâtisse a été inhabitée de 1955 à 1977 et rachetée, à l’état de ruine, par un retraité de la Marine nationale qui était le petit fils du commandant Alain (Louis Marie Pichouron, de son vrai nom), figure FTP de la Résistance en Côtes-du-Nord ».

Yannick Gicquel a retrouvé des roues de charrettes et un collier de cheval dans les dépendances de la maison.


LE MANOIR DE ROBIEN
Sinon, qu'est devenu le manoir de Robien? 

Les vieux bâtiments du Manoir de Robien échappent de peu à une vaste opération de lotissement en 1927. Mais le manoir sera rasé plus tard, au début des années 50 pour faire place à un immeuble situé au 50 rue Jean Jaurès.
Il ne reste qu’une ferme de cet ensemble ancien du manoir et de "ses dépendances", juste en face de l'endroit où il se trouvait, et qui est de nos jours la rue Desmoulins. Cette ancienne ferme est abandonnée dans ses travaux de réhabilitation, juste à côté du square Barillot qui devait être une zone humide.


UN CORPS DE BÂTIMENT AU 116-118 RUE JULES FERRY


A la limite de Robien, tout au bout de la rue Jules Ferry, on trouve un corps de bâtiment ancien avec un étage.
On observera en particulier :

-l'anneau pour accrocher un cheval -les pierres ouvragées encadrant les deux fenêtres du rez-de-chaussée
-une étroite ouverture permettant de stocker dans un grenier
-un petit appentis pour des animaux.


ANNEAUX POUR ACCROCHER LES CHEVAUX : 7 MAISONS DANS LE QUARTIER
Dans le micro patrimoine ancien on peut noter la présence d’anneaux d'attache des chevaux. Il en reste rue Jules Ferry au croisement avec la rue Danton et un dans un caniveau de la rue de Robien ! La présence de cet anneau s'explique par la proximité de ce qui était le Champ de foire et le Marché de gros (actuel Parking Octave Brilleaud).

On en retrouve aussi sur deux côtés de la maison au 60 (angle de la rue Cuverville) et au 65 de la rue Luzel (angle de la rue Émile Zola).



On voit également des fers à chevaux enfoncés dans le mur et servant d'anneau au 9 rue Jules Ferry et deux anneaux, tout au bout de la rue Jules Ferry, au numéro 116.Plusieurs anneaux sont bien visibles, aux 26 et 45 rue de Trégueux.


LA PLACE DU CHEVAL DANS LE QUARTIER
On pourrait croire que la présence du cheval à Robien avait disparu il y a très longtemps.

Le témoignage de Jean-Claude Rizzo dont la famille habitait rue de l’Ondine à Robien dans les années 50-60 nous montre le contraire :

« Je me souviens qu'il y avait Flageul et Le Bail qui se trouvaient à côté de la boulangerie du boulevard Carnot. Ils étaient transporteurs des messageries et travaillaient avec des chevaux au départ.



Un négociant de chevaux se trouvait plus loin au numéro 43 du boulevard. C’est aujourd’hui l’emplacement du garage Citroën. Ces négociants étaient bien placés parce que quand les chevaux étaient vendus ils les faisaient monter dans des wagons à bestiaux pour les expédier chez les acheteurs. On voit encore de nos jours le portail bleu où rentraient les chevaux qui étaient ensuite dirigés derrière, dans un bâtiment en briques que l’on voit aussi du boulevard.

A cette époque le cheval était encore très présent dans le quartier. Par exemple les poubelles étaient ramassées par des chevaux attelés d’un tombereau. Jusqu’en 1964 au moins ce système a continué".



Christian Prigent qui a vécu sa jeunesse à Robien confirme aussi que le corbillard était tiré par un cheval et que "les boueux" (les éboueurs), utilisaient des charrettes avec des chevaux qu'ils avaient dans les entrepôts municipaux en face de l'église de Robien. 

RETROUVER D'AUTRES TRACES
Nous espérons trouver d'autres traces de ce passé rural au travers de cette enquête : puits, pompe, cellier extérieur, pierre gravée, abris pour des animaux...
Merci de nous contacter...

Racontez-nous votre maison

Maintenant que cette introduction est faite, nous avons besoin de vous !

Si vous habitez une vieille maison de Robien, racontez-nous son histoire :
connaissez-vous les dates de construction, l’architecte ?
Avez-vous des plans ?
Connaissez-vous les propriétaires successifs ?
S’est-il passé des événements importants dans cette maison ?
Comment cette maison a-t-elle évolué au fil du temps (extension) ?
Est-ce qu’il y a eu autrefois une ferme, un commerce à la place de cette maison ?
Reste-t-il des éléments de ce passé ? Lesquels (puits, pompe, cellier extérieur, pierre gravée) ?
Etes-vous satisfaits ou non de cette habitation ancienne et pour quelles raisons (éléments de caractère patrimonial, matériaux, jardin, superficie, proximité de commerces et services, logement adaptée aux familles ou autre, économe en énergie) ?

Les différentes catégories d'habitats

Dans cet article, vous trouvez une présentation et un premier appel sur les maisons du « vieux Robien ». Mais dans les jours qui viennent vont suivre les autres. Un peu de patience, chacun son tour !

1. Les maisons du « vieux Robien »
2. Les maisons en bandes
3. Les maisons individuelles du 19e et début 20e
4. Les maisons dans le style néo-breton, néo-normand
5. Les maisons avec des influences Art Nouveau et Art Déco
6. Immeubles ou maisons avec des angles arrondis
7. Les maisons contemporaines, maisons d’architectes
8. Réutilisation du patrimoine industriel ou commercial
9. Les maisons construites dans le cadre de lotissements
10. Les logements collectifs
11. Les logements atypiques 

Sources

« Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine. AVAP » Document de Saint-Brieuc Agglomération (dossier Pdf en ligne)

Archives municipales et départementales (recensement de 1906 page 85 pour la famille Feurgard).

Archives des journaux du CAR depuis juin 1984.

Saint-Brieuc. Étude de géographie urbaine. R. Huon 1946.

Avec les contributions de Didier Le Buhan, Michel Le Borgne, Xavier Pageot, Mary Simon...

Recherches, rédaction et coordination Richard Fortat. Avril 2020. Transmettez vos propositions, vos remarques et compléments d'information à l'aide du formulaire de contact, merci d'avance.