L'histoire de la rue de l'Ondine

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  • Le sous-marin Ondine, 13 octobre 1928 Le Journal
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  • Hommage aux victimes du naufrage du sous-marin Ondine, 28 octobre 1928 La Croix des Côtes-du-Nord
    Hommage aux victimes du naufrage du sous-marin Ondine, 28 octobre 1928 La Croix des Côtes-du-Nord
  • Vue aérienne du secteur de la rue de l''ONDINE
    Vue aérienne du secteur de la rue de l'ONDINE
  • Le sous-marin Ondine dans la presse de 1928
    Le sous-marin Ondine dans la presse de 1928
  • 13 rue de l''Ondine, maison construite dans le premier temps de la rue de l''Ondine
    13 rue de l'Ondine, maison construite dans le premier temps de la rue de l'Ondine
  • 35 rue de l''Ondine, construite dans le deuxième temps de la rue de l''Ondine
    35 rue de l'Ondine, construite dans le deuxième temps de la rue de l'Ondine
  • 34 rue de l''ondine, construite dans le deuxième temps de la rue de l''Ondine
    34 rue de l'ondine, construite dans le deuxième temps de la rue de l'Ondine
  • Cliquer sur le dessin. Dessin établi à partir d''un croquis de Christian Prigent. Le secteur de l''Ondine aux environs de 1955.
    Cliquer sur le dessin. Dessin établi à partir d'un croquis de Christian Prigent. Le secteur de l'Ondine aux environs de 1955.
  • Roses trémières rue de l''Ondine
    Roses trémières rue de l'Ondine
  • Ancien dépôt des PTT utilisé autrefois pour l''entretien des vélos des facteurs.
    Ancien dépôt des PTT utilisé autrefois pour l'entretien des vélos des facteurs.
  • Cliquer sur l''image. Photo aérienne années 30-40. Les annotations correspondent au texte de Jean-Luc Rizzo
    Cliquer sur l'image. Photo aérienne années 30-40. Les annotations correspondent au texte de Jean-Luc Rizzo
  • La maison de la famille Prigent rue de l''Ondine
    La maison de la famille Prigent rue de l'Ondine
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Une rue qui doit son nom à un sous-marin !



Vous pouvez retrouver cet article sous une autre présentation et avec de nouveaux documents en cliquant - ici

Le secteur de la rue de l’Ondine est situé à l’ouest de la rue Jules Ferry et au sud du boulevard Hoche. Pendant longtemps, on s'y croyait à la campagne, son développement ne s'est pas fait en un jour. L'origine du nom de la rue est encore un mystère pour beaucoup d'habitants du quartier mais les documents apportés dans cet article devraient permettre de lever le voile sur cette question...

L’origine du nom


Des gens du quartier vous expliqueront que le nom vient de la forme de la rue qui ondine ou que cela a pour origine l’onde d’un ruisseau…

La dénomination de la rue vient en fait d’un événement qui s’est déroulé juste dans les années où cette rue a été créée.

Le 3 octobre 1928, à 23 heures le sous-marin Ondine est coulé par un bateau à vapeur au large des côtes de l’Espagne. Le sous-marin part de Cherbourg le 1er octobre pour aller en direction de la Tunisie où il doit mouiller au plus tard le 10 octobre. Chaque jour il envoie un message mais le trois octobre, plus rien, les jours passent. On ne saura que neuf jours plus tard l’issue tragique de cette collision.


UN HABITANT DE ROBIEN DANS LES VICTIMES

Ce drame fait la une du quotidien national LE JOURNAL dans son édition du samedi 13 octobre 1928. On y apprend que Yves Anfray, maitre électricien, habitant au 9 rue Jules Ferry à St Brieuc, figure dans les victimes.
Cette nouvelle endeuille tout le quartier, pour preuve ce compte-rendu paru dans l’édition du 28 octobre 1928 du journal « La Croix des Côtes-du-Nord » : « Un service funèbre a été célébré le jeudi 25 courant, en l’église de Robien, à la mémoire du maitre électricien Anfray, qui a été englouti ainsi que ses camarades, à bord du sous-marin Ondine. Une nombreuse assistance est venue témoigner sa sympathie à la famille, à qui nous offrons nos bien sincères condoléances. »

C’est suite à cette tragédie et pour rendre hommage à Yves Anfray, que le nom de Ondine aurait été donné alors par des riverains.

Ce n’est que le 5 février 1959 que le Conseil municipal officialisera cet usage. La demande aurait été faite par M. Lucas, instituteur et ancien conseiller municipal de St Brieuc.


Le développement de la Rue de l’Ondine


Le secteur de la rue de l’Ondine, situé à l’ouest de la rue Jules Ferry, est resté jusqu’en 1927 comme un petit coin de campagne, en retrait des grands axes. Il est alors à l’écart de la rue Jules Ferry et de la rue Béziers de Lafosse qui n’est alors qu’un chemin privé. L’avenue des Tilleuls n’existe pas encore.

Ce secteur est aussi au sud d’un boulevard Hoche qui ne ressemble en rien à ce qu’il est de nos jours. C’est un secteur marqué par la présence de l’usine des Forges et Laminoirs, où se trouve aujourd’hui la Caisse Primaire d’Assurance Maladie. La grande cheminée de l’usine a longtemps été visible de tous aux alentours.

En 1927, les choses changent car est lancé un projet de lotissement, c'est d’ailleurs l'année du commencement des lotissements à Robien. Le Lotissement ACART, consiste en 18 lots à la jonction du boulevard Hoche prolongé et de la future rue de l’Ondine qui n’est pas encore baptisée ainsi.

D'après les souvenirs de Christian Prigent, sept maisons sont construites sur la première portion de la future rue de l’Ondine (voir le dessin dans les  illustrations). Sur le côté gauche on a M. Neuhauser (un Alsacien), M. Edouard Prigent et sa famille, un dépôt des PTT (entretien des vélos des facteurs), un petit chemin partait vers la maison de M. Léon qui élevait des souris pour les laboratoires (!), la maison de M. et Mme Allainguillaume (au numéro 13 actuel). Le 25 mai 1929, Ernest Allainguillaume et Maria Julou ont acheté le terrain de Madame Estelle Baggio, veuve de Louis Accard. Maria Julou restera dans la maison du 13 rue de l’Ondine jusqu’en 1996. Sur le côté droit, à l’angle du boulevard Hoche, on a M. Ridard, Mme Léa Julou qui logeait au rez-de-chaussée M. Celton, M. Balloir, M. Gouinguené.

Ce petit morceau de rue est très large, les arbres que l'on voit de nos jours ne sont pas plantés, il n'y a pas de trottoirs.

Ce bout de rue s’arrête rapidement avec un talus, ouvert en son milieu pour permettre l'accès aux jardins par deux sentiers différents. L’un va vers le Tertre sur la droite et l’autre longe la scierie vers la gauche. Les photos aériennes des années 30-40 montrent les vastes étendues agricoles qui restent encore dans ce secteur. On y trouve des champs de M. Julien Feurgard dont la ferme est au 7 de la rue Jules Ferry. Christian Prigent, enfant à cette époque, se souvient de M. Feurgard qui venait dans ses champs avec son cheval et sa charrette. (voir l'article sur le Vieux Robien ).

Des jardins ouvriers font le bonheur des travailleurs des usines du quartier qui peuvent ainsi fournir leur famille en légumes.

A la fin des années 50 des maisons jumelles seront construites mais beaucoup d’emplacements restent vides. Par exemple, dans le virage, il n’y avait alors qu’un grand champ et en montant cette petite butte on arrivait dans la rue du Pré-Chesnay et au Tertre Marie-Dondaine.

Derrière les maisons de la rue dont les jardins donnent sur l’avenue des tilleuls, il y avait un petit ruisseau qui a été busé par la suite. On trouvait aussi des trous d’eau, de petites mares. Au début des années 60, M. Depeigne va être chargé de continuer à lotir cette rue d’une douzaine de maisons, dans la partie où se trouve le large virage.

La rue prend ensuite une toute autre allure avec la construction d’immeubles.
Le premier immeuble est la résidence « les jardins d’Ondine », construite en 2010.
De son côté, Terre et Baie Habitat réalise un ensemble de 13 appartements rue de l’Ondine. L’architecte Dominique Bonot et SABA architectes optent pour un ensemble qui accorde une large place à un bardage bois, en pin douglas. Des panneaux en verre armé donnent à l’accès commun une grande luminosité. Ce projet a été récompensé par le prix national de la construction Bois en 2012 dans la catégorie « logements collectifs et groupés ». Cette architecture bioclimatique a été distinguée pour sa très haute performance énergétique.

De la rue de l’Ondine, on peut aussi maintenant accéder à la rue Zamenhof, qui est en fait une impasse où sont construites quelques maisons.

Deux personnalités de la rue de l’Ondine



Au 5 rue de l’Ondine, une maison de style néo-normand avec un mélange faux pans de bois en béton peint avec des pierres apparentes en granit rose, c’est la maison qu'ont fait construire M et Mme Rilliot en 1937. Ce sont les beaux-parents d'Edouard Prigent qui est venu y habiter avec sa famille en 1953.

Edouard Prigent, est une figure locale, militant communiste, longtemps adjoint au maire de Saint-Brieuc, épisodiquement maire après le décès d’Antoine Mazier dans les années 60. La ville de Saint-Brieuc a rendu hommage à cet homme politique, habitant de Robien, en donnant son nom à un boulevard.
Son fils Christian Prigent est un auteur reconnu, qui a publié de nombreux ouvrages. Christian est né à Robien dans cette maison de rue de l’Ondine, le 12 septembre 1945. Il en est parti en 1963, pour faire ses études à Rennes avant de devenir professeur.
Voilà ce que Christian Prigent écrit à partir de ses souvenirs d’enfance : « Le serpentin de la rue de l’Ondine rappelle l’ex-chemin des jardins ouvriers, leurs ourlets de groseilliers, j’en salive encore. Tout près, jadis : étang à grenouilles, talus de primevères, fermes pauvres… Le Robien de plusieurs de mes livres, le Robien années 50, insulaire et rugueux, disposé autour de l’axe buissonnier et tortueux de la rue « des Ondines », est celui-là. Sans cesse j’y reviens ».

Extrait du livre de Christian Prigent, Point d’appui (Journal 2012-2018), P.O.L, 2019, p. 34.

La rue de l’Ondine à la fin des années 50. Un témoignage de Jean-Claude Rizzo


Jean-Claude Rizzo nous propose un voyage dans la rue de l’Ondine où il habitait à la fin des années 50. Nous partirons de la rue Béziers de Lafosse en nous occupant du côté droit de la rue, les numéros impairs.

« La grande maison qui fait l’angle n’existait pas, ensuite il y avait la famille Cosson et la grande maison en pierre des L’Hôtellier. Après, les maisons jumelles étaient celles de M. Amiot mais il n’y avait rien dans le virage.

Derrière se trouvait la scierie Aubin qui occupait un vaste espace. C’est là que se trouve aujourd’hui la grande résidence des Jardins de l’Ondine. En allant ensuite vers le boulevard Hoche, il y avait la petite maison au numéro 13, puis la maison en briques rouges et un peu plus loin au numéro 5, la maison néo-normande d’Edouard Prigent, le conseiller municipal bien connu à St Brieuc.

On débouchait sur les Forges dans le boulevard Hoche. L’immense cheminée était impressionnante, on la voyait de partout. Dans cette entreprise, on embauchait les jeunes en été pour faire « des armatures ». Plusieurs de mes copains y sont allés mais moi j’ai travaillé en été à « L’usine des p’tits pois ». C’était derrière le bar de la Passerelle. J’étais à l’emballage mais il y avait toute la chaine de production, des légumes qui arrivaient, étaient cuits et jusqu’à la mise en boite".

Reprenons de la rue Béziers de Lafosse en nous occupant maintenant du côté gauche de la rue, les numéros pairs.

"La première maison était celle de M. Le Fèvre, il fabriquait des caravanes pour les forains et son atelier se situait juste là où on rentre aujourd’hui dans la grande résidence.
Ensuite il y avait la maison de la famille Fillon, puis celle de Mme Illion (au 52) et nous, on habitait au 50, la maison jumelle. Ensuite, il n’y avait qu’un grand champ où on jouait au football, de là on pouvait aller dans la rue du Pré-Chesnay à travers champ.
On faisait aussi des courses de vélo dans les rues du quartier. Après on avait la grande en maison en granit du 34, avec un perron, puis plus rien jusqu’au numéro 14 qui fait l’angle maintenant de la rue Zamenhof, mais là il n’y avait que des champs ».


Sources


« La Croix des Côtes-du-Nord », 28 octobre 1928, en ligne sur le site des archives départementales.

LE JOURNAL, édition du samedi 13 octobre 1928, en ligne sur le site Gallica.

Photo aérienne, archives municipales.

Article sur les maisons aux 19e et 20e siècle à Robien, histoire de la maison du numéro 13 de la rue de l’Ondine, site du CAR.
--voir l'article lien-->fiche 1069

Entretien avec Jean-Luc Rizzo, habitant au 50 rue de l’Ondine dans sa jeunesse.

Entretien avec Roger Gicquel, habitant de la rue Luzel et apprenti géomètre avec M. Depeigne dans les années 60

Correspondances avec Christian Prigent, mai 2020

Le croquis, qu'il m'a transmis de la rue de l'Ondine aux environs de 1955, a été très utile pour établir les repères sur la photo aérienne des archives.

Extrait du livre de Christian Prigent, Point d’appui (Journal 2012-2018), P.O.L, 2019, p. 34.

Entretien de Christian Prigent avec Pascale Brassinne sur le site remue.nethttps://remue.net/Christian-Prigent-une-geographie-pathetique

Recherches Richard Fortat. Mai 2020. Transmettez vos remarques et compléments d'information à l'aide du formulaire de contact, merci d'avance.