Un géant au jardin… (les billets de Gérard)


C’est en repensant au film Minuscule que je me suis vu plus grand que je ne suis, moi qui ne mesure que 1 mètre 64 ! Et encore par temps de pluie, je rétrécis, comme disait Pierre Dac !
En grattant la terre j’ai délogé toute une foule d’insectes et de bestioles : vers de terre, gendarmes, vers blancs, chenilles, araignées, etc… C’est à leur place que je me suis mis à me regarder, géant tout droit sorti d’un imaginaire jardinier tel Gargantua venu de chez Rabelais jusqu’ici ! Et puis ça me vengeait de tous les surnoms : Nabot, Court sur pattes, et même Nain de jardin ! Et puis tout enfant : Haut comme trois pommes, mais ça j’aimais bien : Trois pommes. Moi, qui rêvais d’être Guillaume Tell ! Avec mes flèches en coudrier ! Et mon carquois en carton !

Comme la pluie ou le vent dans le film cité plus haut, comme un outil de jardin intrusif, agressif, j’ai bousculé pas mal de bestioles, mettant à mal leur habitat, troublant leur vie tranquille sous terre, mais malgré la légende d’Attila qui voulait que l’herbe ne repousse pas sous ses pas d’envahisseur, ici, dans ce coin paisible, l’herbe repousse toujours !… Après toutes sortes de considérations réelles ou fantaisistes, je suis revenu à mon mètre 64, rempli de courbatures, d’écorchures, d’égratignures, de la terre plein les sabots… Pendant quelques instants je me suis vu plus grand que je ne suis, « moi » petit homme, drôle d’animal ballotté dans le Grand Jardin de l’Univers, et, curieusement, j’éprouvais une sorte de familiarité, de fraternité, avec mes petites bêtes… Le jardin et ses habitants vécus en quelque sorte comme un étrange miroir… Le retour au jardin serait donc un possible retour au Miroir du Monde et de tous ses habitants, des plus petits aux plus grands.