Maud Jaouen partagera sa passion des abeilles le 15 mars à 14h au café Librairie Bojangles.
Les habitué.e.s du marché connaissent bien Maud que l'on peut trouver sur son stand les mercredis et samedis, rue St Gilles. Elle nous avait fait la gentillesse de participer à la fête du rucher 2025. A l'invitation du groupe des apicultrices et apiculteurs du Tertre Marie Dondaine, elle a accepté de venir parler de son métier et de sa passion des abeilles. Nous avons voulu en savoir un peu plus.
Depuis quand t’intéresses tu aux abeilles?
Je m'intéresse aux abeilles depuis que j'ai rencontré Roland qui terminait sa formation d'apiculteur dans le pays basque, c'était en 2018 et c'est lui qui m'a fait découvrir ce milieu. J'ai grandi à Corlay (22) donc dans un cadre rural. Il y avait une grande prairie traversée par deux ruisseaux chez mes parents et j'ai passé mon enfance en bottes à faire des aquariums, attraper des grenouilles. J'aime profondément la nature. J'ai toujours été intriguée par les insectes. Certains m'effrayaient, d'autres m'intriguaient et j'adorais les papillons. Par contre j'avais très peur de tout ce qui pouvait potentiellement piquer, alors la première fois que j'ai ouvert une ruche en compagnie de Roland j'avais le cœur qui battait fort!
Pourquoi est-ce un métier de passion?
Ce métier est une passion dans le sens où il ne fait qu'un avec soi. Il conditionne un mode de vie, il fait voir le temps. Le temps qu'il fait, le temps qui passe, les saisons, on observe tout le temps la nature, on regarde la météo quotidiennement, on pense aux abeilles même l'hiver, on se demande si elles ont assez à manger dans la ruche, si la reine est toujours là. C'est un métier qui demande de l'organisation et beaucoup de rigueur mais qui nous rappelle sans arrêt que la nature est au centre de tout, et que elle seule décide, que quand il y a un équilibre entre eau, soleil, et chaleur qui se fait, on peut être plein de gratitude envers elle. C'est un juste retour des choses de prendre soin de ses abeilles quand elles nous nourrissent. Et cela amène aussi une forme d'humilité.
Qu'est ce qui te fascine dans le mode de vie de ces insectes?
Ce qui me fascine c'est leur cycle. La reine sait quand pondre du mâle pour les fécondation. Les abeilles savent quand les exclure de la ruche pour qu'il n'y ait pas de bouches inutiles à nourrir avant l'hiver, pour qu'elles aient assez de réserves pour elles et ainsi relancer la colonie au sortir de l'hiver. C'est une micro-société, tout est fascinant, passionnant.
Qu'aimerais tu partager avec les personnes qui viendront à la rencontre du 15 mars?
J'aimerais partager mon expérience en tant qu'apicultrice "professionnelle", et rappeler qu'on a beaucoup d'idées reçues sur l'apiculture, et que l'image édulcorée et bucolique que l'on peut en avoir est loin de correspondre à la réalité .L'apiculture d'aujourd'hui n'est plus la même que celle d'autrefois. A une époque où l'humain a fait n'importe quoi, la nature souffre. Chacun a un rôle à jouer en piégeant les frelons car la situation est problématique... Et plus encore!