Habiter à Robien 11 Les logements atypiques

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  • La famille Corack sur le chemin du tertre Marie-Dondaine. Les baraques sont à l''arrière plan
    La famille Corack sur le chemin du tertre Marie-Dondaine. Les baraques sont à l'arrière plan
  • Sur le Tertre Marie-Dondaine, des membres de la famille Corack devant leur logement.
    Sur le Tertre Marie-Dondaine, des membres de la famille Corack devant leur logement.
  • Vue d''avion du terrain avec caravanes et mobile-home, Tertre Marie Dondaine
    Vue d'avion du terrain avec caravanes et mobile-home, Tertre Marie Dondaine
  • 2 Rue Albert Thomas, maison rénovée à partir d''une ancienne avec structure en bois
    2 Rue Albert Thomas, maison rénovée à partir d'une ancienne avec structure en bois
  • Recensement 1936. Famille Blivet du Tertre Marie-Dondaine.
    Recensement 1936. Famille Blivet du Tertre Marie-Dondaine.
  • Maison boulevard Hoche
    Maison boulevard Hoche
  • Caravanes et mobile-home, Chemin des Eaux minérales
    Caravanes et mobile-home, Chemin des Eaux minérales
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Enquête participative : « Racontez-nous votre logement »

11 Les logements atypiques


Pour la plupart d'entre nous, une maison, c'est d'abord quatre murs et un toit (ou un plafond si on est en appartement!). C'est une manière conventionnelle de concevoir notre "chez-nous" alors qu'il existe tant d'autres manières de vivre qui sortent de l'ordinaire.

Si on remonte un peu dans l'histoire du quartier, on connait beaucoup mieux maintenant l'histoire des familles qui ont vécu, avant 1940, dans des baraques en bois sur le Tertre Marie-Dondaine. Jusqu'à 15 familles ont habité dans ces logements où les conditions matérielles étaient très difficiles. En 1993, Mme Herviou a été la dernière personne à quitter la caravane qu'elle habitait sur le Tertre.
Nous savons aussi que, tout en haut du Tertre Marie Dondaine, vivait la famille Blivet. Le recensement de 1936 nous apprend qu'Auguste, le chef de famille était rémouleur de profession. Il parcourait tout le département pour exercer son métier en porte à porte. Germaine, son épouse, était foraine et leur fils Claude était acrobate. Le travail de rémouleur ou dans un cirque amène à s'adapter : leur mode de vie les oblige à beaucoup se déplacer et donc à posséder un habitat mobile. Depuis leur installation sur le Tertre qui date des années 30, la famille s'est agrandie mais ces habitants du quartier ont toujours cherché à adapter leurs conditions de logement, tout en restant fidèles au Tertre Marie-Dondaine. Les "gens du voyage" ont forcement un port d'attache.
Les baraques du tertre faisaient une vingtaine de mètres carrés, il n'y avait qu'un seul point d'eau pour toutes les familles. Aujourd'hui il n'est plus question de vivre ainsi : des mobile-homes offrent une meilleure qualité de vie.
Dans la vallée des Eaux minérales d'autres habitants du quartier sont dans un processus de sédentarisation.
Pour plus de précisions sur l'histoire du Tertre : voir l'article et un autre article

Sur cette question des habitats différents, dans d'autres endroits de St Brieuc, comme au Légué, on aurait pu poser la question du voilier ou de la péniche.
On voit bien qu'il y a de multiples cas de figure.
Alors, racontez-nous ce qui est votre "chez-vous" si vous vivez dans une maison qui ne rentre dans aucun classement : Yourte, mobile-home, chalet de bois, caravane, ancien wagon de train...

Dites-nous si vous êtes-vous satisfaits ou non de votre habitation et pour quelles raisons : matériaux, proximité de la nature, superficie, proximité de commerces et services, logement adaptée aux familles ou autre, économe en énergie ?


TÉMOIGNAGE
Dans le cadre de cette enquête sur l'habitat à Robien, Claude Corack nous livre un souvenir d'enfance :
"Sur le Tertre Marie-Dondaine, il y avait Auguste Blivet, rémouleur de son état qui partait du tertre pour parcourir les Côtes-du-Nord pour aiguiser les faux des paysans, les ciseaux et couteaux des fermières. Un tournage de France 3 Bretagne a été diffusé sur ce personnage dans les années 1960. Pour la petite histoire du Tertre Marie-Dondaine, Auguste nous faisait un exercice de cirque, rien que pour les mômes du tertre. Il était enchainé et réussissait à s'extraire de ses chaines. Ensuite, torse nu, il s'allongeait sur le sol, un bohémien plaçait sur son torse un gros morceau de granit, un autre prenait une masse et cognait pour fendre en deux cette pierre".
Claude Corack, avril 2020.




CONCLUSION Les belles carrières que plusieurs habitants du tertre ont pu avoir par la suite, nous donnent d'ailleurs une leçon de vie et un message d'espoir. On peut vivre dans des conditions très précaires et s'en sortir socialement. On peut vivre dans des baraques et garder sa dignité, grandir dans une ambiance familiale chaleureuse. 
C'est peut-être la conclusion de cette série de onze articles sur l'habitat à Robien.
Comprendre d'où vient notre patrimoine architectural, acquérir quelques bases dans ce domaine, c'est intéressant.
Mais que l'on vive dans une maison art-déco, dans un immeuble, dans une maison d'architecte ou une maison ouvrière, le plus important reste ce que l'on y vit à l'intérieur et dans ses relations avec son voisinage proche.


Sources


Archives départementales.

Recensement 1936Articles disponibles sur le site du CAR dans la rubrique Histoire.
Entretiens avec Claude Corack, mars-avril 2020
Histoire du Tertre Marie-Dondaine entre 1940 et 1970, disponible en cliquant sur le lien ci-dessous
Livret Claude Corack

Recherches, photographies, rédaction et coordination Richard Fortat. Avril 2020. Transmettez vos propositions, vos remarques et compléments d'information à l'aide du formulaire de contact, merci d'avance.